Guy Féquant

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L’auteur

Guy Féquant est né en 1949 à Barby, dans les Ardennes, où il réside toujours. Professeur d’histoire- géographie, il a publié depuis 1985 de nombreux essais et récits où la nature et les cycles saisonniers tiennent toujours une grande place.
Après avoir enseigné pendant vingt ans à Rethel, il a terminé sa carrière à la Réunion. Cette île, où il continue de séjourner fréquemment, reste, selon l’expression de Victor Segalen, « son ailleurs savoureux ». Il est aussi un randonneur passionné et un amoureux des grands espaces.

Blog de l’auteur

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Questionnaire de Proust (modifié)

Chez Anfortas, nous attachons autant d’importance à l’auteur qu’aux lecteurs. Pour en savoir davantage sur l’auteur, nous lui avons posé des questions très personnelles sous la forme du questionnaire de Proust, modifié par nos soins.

Votre principal trait de caractère : la nostalgie, jointe à un esprit volontiers centrifuge. En tout, je déteste la loi du nombre.
La qualité que vous préférez chez un homme : la franchise.
La qualité que vous préférez chez une femme : la franchise encore, habillée d’élégance.
La qualité que vous préférez chez vos amis : la fidélité.
Votre principal défaut  : la lenteur, qui parfois est une qualité.
Votre occupation préférée : marcher en forêt ou en montagne, et puis lire ou écrire.
Votre rêve de bonheur : le bonheur n’est qu’un rêve, justement.
Quel serait votre plus grand malheur ? Perdre un de mes quatre enfants.
Ce que vous voudriez être : ce que je suis, avec vingt ans de moins.
De quel homme auriez-vous aimer vous être l’ami : d’Hubert Reeves et d’un moine bénédictin.
De quelle femme ? de la pianiste Irina Lankova.
Le pays où vous voudriez vivre : les Hautes-Alpes, ou bien la Réunion, dans les hauts de l’Ouest.
Votre couleur préférée : le mauve, que ma mère appelait le parme.
Votre fleur préférée : l’anémone du Japon et, pour le parfum, le phlox.
Votre animal préféré : le chat, et de très loin.
Vos auteurs préférés en prose : outre les écrivains-voyageurs, Jünger, Gracq, Yourcenar, Michel Déon.
Vos poètes préférés  :  certains poètes de la Renaissance, comme Maurice Scève, et puis quelques contemporains : Saint-John Perse, Lorand Gaspar, Pierre Oster…
Vos premiers souvenirs de lecture d’enfance  :   » Les poneys de Martangy « , dans la collection Rouge et Or, et puis un livre d’initiation à l’astronomie que mes parents m’avaient acheté. A 10 ans, je connaissais en latin le nom de l’étoile polaire : Alpha Ursae Minoris…
Vos compositeurs préférés : Beethoven, et puis les deux Franz : Schubert et Lizst.
Vos peintres préférés : tous les grands Hollandais, mais aussi Cézanne et Nicolas de Staël.
Votre chanteur préféré : Michel Delpech, mort récemment. Et surtout la chanson sur le chasseur qui, voyant passer les oies sauvages, baisse le fusil…
Votre plat préféré : en métropole, les tomates farcies ; à la Réunion, le rougail saucisses.
Votre boisson préférée : le champagne blanc de blanc et d’une manière générale, tous les vins de Bourgogne, blancs ou rouges.
Vos noms favoris : l’aurore boréale et les vents alizés.
Ce que vous détestez par dessus tout : la suffisance, ce masque des pires complexes.
Le don de la nature que vous auriez aimé avoir  :  pianiste.
Ce en quoi vous croyez : L’homme est l’âme de l’Univers et l’Univers est infini.
Votre devise :  » Deviens ce que tu es.  »  C’est de Nietzsche.

Chez Anfortas

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eRectoPassant Le passant du soir

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Carnets nomades

Articles de presse

Barby Publié depuis 1985, Guy Féquant s’inscrit dans la lignée des écrivains-voyageurs,   sans s’autoproclamer écrivain. Homme de nature et de spiritualité, il se revendique artisan.     De son aveu même, « l’énergumène un peu farouche que je suis n’est guère enclin à se voir photographier » . Guy Féquant rejoint ainsi Pascal Quignard, Goncourt 2002 avec Les Ombres errantes, pour qui « la liberté commence dans l’absence de visage ». Il écrit aussi, dans son dernier ouvrage, les Carnets nomades, en page 148, « Je voudrais être Peter Brady, l’homme invisible » , héros de la série britannique éponyme des années cinquante, d’après l’œuvre d’H.G. Wells. Le portrait de presse, Monsieur Féquant, ne se justifie hélas pas sans une photographie. Celle de ce portrait est une très belle illustration de l’esprit même qui a conduit l’auteur ardennais à prendre la plume. Un homme de nature, de spiritualité et de recherche du sacré.
Je dis souvent que les Ardennes, c’est le Montana de la France… mais j’avoue que je suis peu suivi sur ce terrain Guy Féquant     « J’ai eu une enfance heureuse grâce à mes parents, qui étaient agriculteurs à Barby. En revanche je n’aimais pas les travaux agricoles. Mes refuges étaient l’école, la nature et aussi l’église, car j’ai été enfant de chœur pendant huit ans. C’était une sorte de rôle théâtral qui me plaisait parce qu’il me hissait au-dessus des labours ; et puis, à l’époque, il y avait le latin et le grégorien, ces grands mystères sacrés. » Il reconnaît aisément qu’il a ensuite, « hélas, complètement raté mai 68. Je n’ai jamais été un routard hippie et je trouve que cela manque beaucoup à mon palmarès… » poursuit, un rien iconoclaste, l’auteur ardennais.    Homme de nature, il explique aimer « ce que les Celtes et tous les peuples du Nord appellent la Saison claire, du 1 er mai au 1 er novembre, mais je déteste maintenant l’hiver. Pascal Quignard, grand écrivain qui a des souvenirs dans la Pointe de Givet, dit que l’hiver est la première expérience de la finitude. Comme chacun sait, on vieillit beaucoup plus en hiver. Sauf bien sûr si on a un appartement à Menton… » 
La Réunion, son ailleurs savoureux…
L’Ardenne, son ailleurs de cœur
    Publié depuis 1985, « je reconnais que l’écriture m’a toujours fasciné mais j’écris moins qu’on croit. Je suis assez velléitaire et j’ai conscience de mes limites. Je me sens surtout artisan d’écriture, comme d’autres sont jardiniers ou apiculteurs. Je ne m’autoproclame pas écrivain. Le terme me semble trop grandiose pour moi». Après avoir enseigné pendant vingt ans à Rethel, Guy Féquant a terminé sa carrière à la Réunion. Cette île, où il continue de séjourner fréquemment, reste « son ailleurs savoureux. Du point de vue touristique, je dirai simplement que je suis plus montagne que mer. À la Réunion, je regarde toujours vers l’intérieur, vers le Piton des Neiges que j’ai gravi deux fois ». S’il affectionne cette Réunion qu’il connaît bien, il trouve cependant d’autres lieux d’évasion sur cette terre d’Ardenne qui lui est si chère. « Les Ardennes ont de très beaux ailleurs , par exemple la forêt de Signy ou bien le plateau des Hauts-Buttés dont je parle dans mes livres. La forêt, pour moi, est l’unique temple nécessaire. Le mot Ardenne, surtout au singulier, a une dimension cosmique, spirituelle. Je dis souvent que les Ardennes, c’est le Montana de la France… mais j’avoue que je suis peu suivi sur ce terrain. »     Une dimension spirituelle toujours présente, tant dans son œuvre que dans sa vie. « Je reviens à la spiritualité, à la méditation, à ces états de conscience augmentée qui nous relient à l’univers en plénitude. J’aime par exemple ce site presque druidique, à l’entrée de la forêt de Signy quand on vient de Rethel : le chêne de la Vierge. La nuit, il m’arrive d’ouvrir la fenêtre et de méditer longuement devant la Grande Ourse. Ce sont des expériences dont je parle souvent avec Renaud Lamkin, le préfacier de mon dernier livre.» Logique alors que Guy Féquant dit tout son attrait pour les écrivains-voyageurs. En est-il un lui-même ? « J’aime les gens qui ont à la fois une belle plume, une forte intériorité et un sens aigu de l’observation. C’est le cas de tous les grands écrivains-voyageurs, comme Nicolas Bouvier, Ella Maillart et de nos jours Sylvain Tesson. Suis-je moi-même un écrivain-voyageur ? Peut-être que je le suis devenu un peu depuis les Blancs Chemins , récit paru en 2012 et illustré par des photos de Jean-Marie Lecomte. En tout cas Le Passant du Soir et Carnets nomades , livre qui sort ces jours-ci, sont bien des récits de voyage. » 
L’homme des clairières et des solstices     Dans la préface de ces Carnets nomades, Renaud Lamkin définit Guy Féquant comme « l’homme des clairières et des solstices ». Cette suite au Passant du soir, « rassemble les réflexions journalières et les notes de voyage des années 2014 à 2019, avec quelques réminiscences plus anciennes, à la faveur de papiers retrouvés », explique l’auteur.    Ses lieux familiers sont toujours là, mais des horizons neufs apparaissent, avec l’Italie, la République Tchèque, les montagnes du Béarn. D’autres « ailleurs savoureux » à déguster sans modération.

Bio express
Naissanceen 1949 à Barby, dans les Ardennes, où il réside toujours.Professeur d’histoire-géographie, il a publié depuis 1985 de nombreux essais et récits où la nature et les cycles saisonniers tiennent toujours une grande place.Il a terminé sa carrière à la Réunion. Cette île, où il continue de séjourner fréquemment, reste « son ailleurs savoureux». C’est un randonneur passionné et amoureux des grands espaces. Son dernier ouvrage, « Carnets nomades », paraît aux éditions Anfortas.

Mirko Spasik (l’Union-dimanche)

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