La ballade de la jeune fille triste de Corinne Angeli

Ballade

La ballade de la jeune fille triste de Corinne Angeli

156 pages, 15 €
eBook : 4,99

eBook : Numilog

4e de couverture

De Marseille à l’Italie, en passant par Porquerolles, les héros de ces douze nouvelles recherchent désespérément un sens à leur vie, comme cette jeune fille qui tente de noyer son chagrin dans l’eau de mer, ce médecin qui abandonne ses patients pour partir à la recherche de la « Musique », cette femme d’âge mûr qui décide de fêter le 31 décembre malgré le départ de son mari, ou ce jeune homme qui tombe amoureux d’une inconnue en séjournant dans sa villa. Le soleil et la mer servent de décor à leurs errances, mais l’humour finit toujours par l’emporter.
Les histoires de ces hommes et de ces femmes ne sont-elles pas tout simplement le reflet de nos propres existences ?

Interview

– Qu’est-ce qui vous pousse à écrire ?
Avant tout, la curiosité. C’est ma façon à moi de croquer mon prochain. Quand je suis dans un café, je ne peux résister à l’envie d’écouter les conversations de mes voisins et de les observer à leur insu. Un besoin aussi d’imaginer d’autres voies, d’autres destinées : l’écriture est la porte ouverte à tous les possibles. Enfin, le plaisir de jouer avec les mots, d’en respecter le sens, la musicalité. Une phrase qui « tombe bien » me met de bonne humeur…et une panne d’inspiration me met en rogne.
– Pourquoi avoir écrit ce livre ?
Adolescente, je rêvais de devenir écrivain : je me contentais de tenir un journal intime, ce qui est plutôt banal. Longtemps, j’ai été une lectrice boulimique, mais je n’osais pas basculer de l’autre côté. J’ai fini par me jeter à l’eau, après avoir gagné un concours d’écriture organisé par Madame Figaro, il y a une dizaine d’années. La nouvelle m’a paru le genre littéraire le mieux adapté à mon mode de fonctionnement. Cela me permet de raconter plusieurs histoires, d’imaginer de nombreux héros, des décors différents.
– Comment vous en est venue l’idée ?
Depuis ma plus tendre enfance, je baigne dans les paysages du Midi, au travers des tableaux de mon grand-père (chez moi, c’est véritable musée !). Je voulais rendre à ma façon la lumière et les couleurs de cette région que j’aime par-dessus tout et aussi laisser libre cours à mon chauvinisme en mettant en scène mes « compatriotes ». Les Marseillais sont des gens atypiques, d’une façon ou d’une autre, il faut toujours qu’ils fassent parler d’eux.

On en parle

Logo_Carre-ecrivains La Ballade de la jeune fille triste de Corinne Angeli a été sélectionné pour le Prix des Marseillais 2014

Logo CityliaArticle élogieux sur la signature de Corinne Angeli au salon de Saint-Victoret à propos de Ballade de la jeune fille triste (oct. 2014)

Logo_Fem-Sud Lisez l’article paru dans  Femina Sud à propos de « La ballade de la jeune fille triste » (mai 2014)

Logo_Radio-Ethic Corinne Angeli était sur Radio Ethic sur La ballade de la jeune fille triste de Corinne Angeli (avril 2014)

Logo Le Pennois Lisez l’article élogieux sur La ballade de la jeune fille triste de Corinne Angeli  paru dans le Pennois d’Avril 2014

Logo_Leseptemois Lisez le bel article concernant « La ballade de la jeune fille triste » de Corinne Angeli

Logo France Bleu Provence Ecoutez l’interview de Corinne Angeli par France Bleu Provence à propos de son livre « la ballade de la jeune fille triste »

Logo Pratis Regardez la vidéo de l’interview de Corinne Angeli à propos de son recueil de nouvelles « La ballade de la jeune fille triste »

Logo_SudRadio La ballade de la jeune fille triste de Corinne Angeli, gagnée à un concours de Sud Radio

Logo_BiblioblogAvec les douze nouvelles de ce recueil, Corinne Angeli emmène son lecteur au soleil, sur les bords de la Méditerranée, et ses personnages dans une recherche d’un absolu souvent disparu. Un recueil sur l’idéal inatteignable.
C’est en effet le thème un peu récurrent de toutes ces intrigues. Les personnages semblent constamment en quête, qui d’un mari trop tôt disparu, qui d’un paysage, qui d’un futur joyeux après le départ de son mari. Mais cet idéal n’est qu’un rêve que chacun essaie d’entretenir mais qui disparaît lentement.

Dans La villa Raffaella, un jeune couple échange son appartement parisien contre une maison située sur les rives du lac de Côme, en Italie. Alors qu’il n’a jamais rencontré Raffaella, la propriétaire, l’homme du couple ne peut s’empêcher d’éprouver une attirance irrésistible pour cette femme. Et ce d’autant plus que des enfants du voisinage ne cessent d’en parler. Si tout cela reste platonique, cette nouvelle a retenu mon attention par sa force évocatrice, cet amour pour un être fantasmé qui sera la cause d’un petit drame personnel.
Le marégraphe est l’occasion d’une plongée dans un passé disparu. C’est par une aquarelle achetée chez un marchand de tableau que l’héroïne retrouve les sensations de son enfance, quand elle jouait autour du marégraphe, ce bâtiment qui permettait de mesurer l’altitude zéro.
Coup de théâtre est une autre nouvelle assez intéressante, bien que de facture classique. Une femme, quittée par son mari le 31 décembre, erre dans les rues de Paris. Elle décide, sur un coup de tête, d’acheter un billet de théâtre pour oublier cette rupture. Après des hésitations, elle se rend au spectacle. Elle est intriguée par le spectateur derrière elle, qu’elle sent présent, mais qu’elle ne voit pas (il est arrivé en retard et sort avant l’entracte). Une intrigue très joliment amenée, sans esbroufe.
….
Yohan
Extrait, tiré de Le moulin à remonter le temps
D’où venaient ces enfants ? Pourquoi les avait-on habillés ainsi ? Un mauvais pressentiment le saisit. Non, il ne rêvait pas, mais ce qui lui arrivait était bien plus grave ! Que n’y avait-il songé plus tôt ? Ce moulin, il le reconnaissait, il se trouvait exactement au même endroit que l’année dernière… sauf qu’à l’époque, il ne s’agissait que d’une tour à demi écroulée. L’orage sans pluie, le piano au clair de lune, le moulin flambant neuf, tout cela ne lui disait rien que vaille. Non, décidément, tout ça ne semblait pas très normal. Une idée folle lui traversa l’esprit. Bien sûr, au premier abord, elle paraissait complètement irrationnelle… et pourtant, il n’y avait pas de doute possible. Il venait de se faire happer par une machine à remonter le temps, qui l’avait renvoyé en plein cœur du XIXe siècle !

Témoignages

De Monique Lamarche

J’ai pris un réel plaisir à lire ces douze nouvelles, toutes passionnantes, qui nous emmènent au soleil de la Méditerranée avec leurs personnages si réels et attachants.
Des histoires remarquablement bien écrites, dans un style plaisant, l’expression est riche et de très bonne facture.
Merci pour ce moment de lecture très agréable.

De S.P. (Marseille)

La nouvelle étant un genre particulièrement retors, en raison de ses impératifs de concision, d’inattendu paradoxalement attendu des lecteurs, de réalisme aussi quelquefois, ne serait-ce que pour ancrer l’histoire dans un décor et conférer aux personnages un semblant d’identité et de profondeur psychologique, j’ai été tout d’abord admirative du sentiment que m’a laissé chaque aventure.
En quelques pages, la fausse simplicité des gestes accomplis par les protagonistes, dans un cadre de vie qui leur est naturel (soit parce qu’il est quotidien, soit parce qu’il leur semble naturel, souvent en raison de leur mode de vie et leur goût des voyages, favorisés tous deux par une certaine aisance matérielle, soit parce que la retranscription de leur vie intérieure, dans sa continuité, homogénéise les paysages, les plie à sa couleur), est doublée par une « petite musique », une introspection douce-amère, qui apporte beaucoup d’intensité à l’ensemble. Mais c’est une intensité sur laquelle on n’a pas exactement de prise, parce que, au moment de la chute, la « leçon de vie » qu’on en retient est elliptique, secrète et c’est ce silence éloquent qui est assez beau.
En fait, sur le plan de l’histoire, cela signifie peut-être que les personnages acceptent un état de choses, douloureux, sans céder à la résignation, et l’humour qu’ils manifestent et qui est, dans des récits fréquemment menés à la première personne, de leur propre ressort, est une politesse qui couvre leur vague à l’âme en même temps qu’il est la preuve de leur tentative de « résilience ». Sur le plan de l’écriture, l’ellipse finale est peut-être en elle-même sa propre révélation : elle nous conduit à accepter ce qui n’a pas de place dans nos sociétés : l’imagination, l’irrationnel, le rapport de l’esprit face au mystère des êtres et des rencontres, avec le jeu des coïncidences, l’ironie du sort qui se plaît à le souligner, parfois de façon cruelle, comme dans les anciennes tragédies. C’est pourquoi ce qui ne peut être expliqué est traduit par une sorte de musique, une « ballade » et un voyage, une évasion hors du temps, une « balade ».
L’ancien et le nouveau coexistent dans le recueil et le rendent charmant : sur le plan dramatique, le passé peut hanter les personnages, à travers un événement particulier ou à travers des habitudes familiales, comme le présent est marqué par un « ici et maintenant locaux », qui renouvelle d’ailleurs les représentations traditionnelles de la ville, Marseille étant toujours la même, mais traversée et donc vivifiée par le rythme et les soubresauts de la vie contemporaine. Pourtant, en dépit de ses accents modernes, le présent des nouvelles est souvent une lecture du passé : Marseille est une ville frémissante, mais c’est aussi une ville dans laquelle les personnages sont en quête de lenteur, comme si l’Italie, les arts de la Renaissance (le recueil est pétri d’une culture savamment distillée qui rassemble tous les arts, de la musique, bien sûr, à la littérature, en passant par la gastronomie et la culture du goût) et la « Dolce Vita » venaient se greffer sur la cité phocéenne. Enfin, nous ne pouvons pas ne pas être sensibles aux petits détails vrais, délivrés par les apartés des personnages, sur le caractère des hommes et des femmes, sur nos propres pensées : ils sont parfois inavouables, ils nous attristent souvent, mais, pris en charge par le novelliste, ils participent de cette connivence qui s’instaure entre le lecteur et ce dernier, et nous réconfortent de la méchanceté des gens, de la vie, et de notre propre médiocrité.
Outre le plaisir, ce qui est sans doute aussi l’essentiel et ce par quoi j’aurais dû commencer, que m’a procuré la lecture de votre recueil, je vous dirais également qu’il m’a fait réfléchir à quelques beaux recoupements avec des auteurs qui ont pu évoquer les thèmes qui semblent vous être chers : Mishima, Pavese, Sagan, et même Giraudoux, sur les sujets de la mélancolie, de la tristesse tapie au coeur de l’été et de sa lumière, sur la possible réparation des accidents de la vie, sur sa gravité et sa légèreté.
J’espère que vous ne serez pas fâchée de cette tentative d’approche et d’interprétation de votre travail : son expression a toujours quelque chose, malgré tout, d’un peu fermé et déterminant.

 

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