La rose des sables

204 pages, 18 €
Prix de souscription jusqu’au 15 décembre, date de sortie en librairie.

La rose des sables de Dominique Konanz

4e de couverture

 Égypte, 1799 

Jacques, jeune secrétaire d’un savant de l’expédition du général Bonaparte, se lance un défi insensé : parcourir ce pays étranger aux mille dangers pour explorer un tombeau datant de l’ère pharaonique accompagné du bouillonnant Santini, estafette du corps des Dragons. 
Au même moment, Osman, un commerçant d’Aboukir, s’apprête à tout sacrifier pour sauver son unique fille, la belle Yasmina, prisonnière du harem du sinistre Selim El Kebir. 
Deux destinées, un même récit, dans lequel vont se mêler émotion, action et exotisme, avec pour seule ligne directrice : l’aventure ! 

Pourquoi avoir écrit ce livre et comment vous en est venue l’idée ?

Cette idée d’écrire sur l’archéologie et plus précisément sur l’Egypte antique a germé dans mon esprit à l’âge de … onze ans ! En classe de 6e, ma professeure de français nous avait fait lire « Le Roman de la Momie » de Théophile Gautier. J’ai été littéralement fasciné par le début de ce livre : l’exploration du tombeau, foisonnante de détails, la découverte du corps momifié et surtout, sa révélation après l’enlèvement minutieux des bandelettes, lorsque l’archéologue découvre le corps d’une femme magnifique, admirablement bien conservé, en dépit des siècles.

Cette fascination pour l’Egypte des pharaons ne m’a jamais quitté, m’envoutant par sa mythologie, ses colossales réalisations architecturales, ses rituels mystérieux autour de la mort …

Des décennies plus tard, alors que mon premier roman « Une Rose à Waterloo » venait de sortir et que j’étais plongé dans l’écriture du second, « Le Loup du Crépuscule », j’ai rêvé une nuit de la découverte d’une femme momifiée par un jeune homme de l’époque napoléonienne. Cela peut paraitre surprenant mais c’est la pure vérité : le déclic initial m’est venu de cette façon !

Au réveil, je savais que je tenais l’embryon d’un de mes futurs romans. C’était évident d’ailleurs, j’avais tous les ingrédients pour imaginer ce récit d’aventure orientale : ma passion pour la période napoléonienne, et particulièrement la fameuse campagne d’Egypte, et cette fascination datant de l’enfance pour les mystères de l’Egypte antique.

Le souffle de l’inspiration venait de balayer le sable dans mon esprit pour y révéler cette rose pétrifiée longtemps enfouie, mais qui avait toujours existée.

Bien-entendu, je n’ai pu m’empêcher d’y écrire un passage sous forme de clin d’œil au prologue du Roman de la Momie ; mais cela, je laisse le soin au lecteur de le découvrir 😉

Premières pages

Prologue

Baie d’Aboukir (Egypte), le 14 Thermidor de l’An VI (1er août 1798), en fin de journée.

Debout à la poupe de sa chebek, Mohamed aboyait ses ordres aux hommes d’équipage. Les marins, saisis de panique devant le spectacle qui s’offrait à leurs yeux, se démenaient du mieux qu’ils le pouvaient pour orienter les voiles du fin trois mâts. Les mains crispées sur la barre du gouvernail, tel un naufragé accroché à sa planche de salut, Mohamed jetait frénétiquement son regard à tribord, vers les vaisseaux arrivant du large.
D’importants navires de guerre, toutes voiles déployées et arborant les couleurs de l’Union Jack, fendaient les flots vers eux, alignés sur trois colonnes distinctes. Leur objectif ne faisait aucun doute : la flotte française au mouillage dans la baie.
Mohamed se maudissait du retard qu’il avait pris, aujourd’hui justement, sur sa sortie quotidienne de pêche en mer. Entre une voile qui s’était déchirée par accident au moment du départ puis des vents contraires, lui et son équipage n’avaient pu prendre le large que vers midi, soit plusieurs heures plus tard que d’habitude, dans l’espoir de vendre au moins quelques poissons au marché du soir. Et c’était par ce jour de retour tardif de pêche que la flotte anglaise avait choisi de surgir de la Méditerranée pour fondre sur les Français, telle une horde de requins se jetant sur un banc de tortues !
Par ce concours de malchances, il se trouvait à présent avec son frêle bateau de pêche entre les « requins » à tribord et les « tortues » à bâbord !
La chebek prenait de l’allure, profitant des alizés la poussant plein ouest vers le port, situé à peine à quelques kilomètres, et dont on distinguait déjà les habitations bordant la plage et les pontons. Entre deux ordres à son équipage, Mohamed ânonnait des prières, demandant à Allah le miséricordieux de bien vouloir lui accorder la vie sauve en l’extirpant de cet affrontement qui lui était totalement étranger et dont il n’avait que faire. Le port se rapprochant, lentement mais surement, il se dit qu’il avait peut-être une chance de s’en sortir, quand la canonnade débuta.
Les navires de tête de l’escadre française tirèrent plusieurs bordées de leurs batteries tribord. La chebek de Mohamed, ayant dépassé les axes de progression des deux premières lignes anglaises, était encore à hauteur de la dernière, celle plus à l’ouest, quand les boulets visant le navire anglais de tête se mirent à pleuvoir autour d’eux. Des geysers se formèrent çà et là, projetant des gerbes d’eau salée sur les marins désemparés. Les jointures de ses doigts blancs comme celles d’un cadavre, Mohamed luttait pour garder le cap, espérant encore se sortir in-extremis de ce piège.
Le destin ne l’entendit pas de cette oreille : un boulet percuta par bâbord et de plein fouet la frêle chebek. Le bateau de pêche fut pulvérisé, le choc en projeta tous azimuts les débris ainsi que ses malheureux occupants qui périrent, soit sous la violence de l’impact, soit noyés, avalés par la lagune.

*

Un vieil homme, debout sur une jetée du port, l’œil rivé à sa longue vue, avait assisté, impuissant, à la tragédie.

Alors que la bataille navale faisait rage, les vaisseaux s’échangeant les bordées dans un assourdissant déluge de feu et d’acier, sous les lueurs orangées du soleil déclinant, le vieil homme, à genoux sur le sol caillouteux, pleurait et hurlait de tristesse. Les larmes formaient sur son visage à la peau tannée et brunie par le soleil deux sillons argentés, telles des cataractes du Nil sur le désert.

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