Je m’appelle Extranjero

Je m’appelle Extranjero de Eric Blanc

228 pages, 16,50 €
eBook : à venir

4e de couverture

 Je me réveille en sursaut. J’ai la bouche pâteuse et mal au crâne, comme si on m’avait serré la tête dans un étau. Au-dessus, un soleil enragé me plaque au sol. Je porte de vieux vêtements, sales et déchirés. Ce ne sont pas les miens. Je regarde autour de moi : je me trouve au milieu d’un désert, et surtout, je n’ai aucune idée de ce que je fais ici. 

Les plus du roman

  • Un roman étonnant qui nous porte aux frontières du merveilleux, de l’absurde, et du parcours initiatique. 
  • Un conte fantastique moderne qui fait d’un désert le terreau de la vie d’un homme. 
  • La famille, la spiritualité, l’écologie… autant de thèmes abordés avec originalité et sincérité. 

Premières pages

Chapitre 1

Je me réveille en sursaut. J’ai la bouche pâteuse et mal au crâne, comme si on m’avait serré la tête dans un étau. Au-dessus, un soleil enragé me plaque au sol. Saturées de lumière, mes paupières luttent et il me faut plusieurs minutes pour réussir à garder les yeux ouverts. 

Je porte de vieux vêtements, sales et déchirés. Ce ne sont pas les miens. Je me frotte le visage et la tête, mes cheveux sont pleins de poussière, et une barbe naissante me râpe les mains. Des douleurs aux jambes et à l’estomac m’ordonnent de rester assis. J’essaie de regarder autour de moi : je me trouve au milieu d’un désert, et surtout, je n’ai aucune idée de ce que je fais ici.

Reprends-toi, ressaisis-toi, rassemble tes souvenirs ! Hier soir, je suis rentré du travail vers dix-huit heures. Pendant le repas, nous avons évoqué en famille le lieu de nos prochaines vacances. Une fois de plus, ma femme m’a reproché mon manque d’implication dans l’organisation de notre foyer. Comme d’habitude, je lui ai répondu qu’elle exagérait. J’ai fini la soirée seul devant la télévision, elle est partie lire au lit. Une nuit de sommeil plus tard, je me retrouve dans un décor minéral où la température approche des quarante degrés à l’ombre, quand par chance on en trouve.

Je me relève, bien décidé à étudier cette vilaine farce en détail, mais la position verticale provoque une chute de tension qui m’étourdit et me déséquilibre. Sonné, je retombe et reste assis quelques secondes avant de retenter le coup. Ça y est, je parviens enfin à maintenir une posture bipède acceptable. 

Après un rapide tour sur moi-même, je fais connaissance avec mon nouvel environnement. Il y a du sable, des cailloux, de la poussière et du soleil, rien d’autre. La chaleur a sûrement fait fondre tout le reste. Le soleil est encore haut. Il me reste donc de nombreuses heures à souffrir avant la douceur de la nuit. Je halète, jure, peste, et commence à angoisser sérieusement.

Au loin, je remarque une petite colline qui constitue la seule aspérité dans ce lieu trop linéaire. Je décide d’y monter, espérant que là-haut, une heureuse observation me donnera une piste. Par chance, l’organisateur de ce canular, malgré son sadisme évident, a pensé à me doter de sandales de cuir. Je n’aurai donc pas à poser mes pieds nus sur un sol qui tient plus de la pierrade que du chemin forestier. 

La colline n’est pas très haute, mais dans mon état de fébrilité et d’incompréhension, j’ai l’impression que l’ascension ne finira jamais. Quelques touffes d’herbes sèches viennent interrompre la monotonie de ma marche. Elles représentent la seule trace de vie aux alentours, ou du moins un résidu de ce qui fut de la vie. Aucun lézard ni scorpion. Cette région en est-elle dépourvue ou bien se cachent-ils du soleil furieux ? Que fais-je dans un lieu où même la nature renonce ? 

Je trébuche parfois sur des cailloux un peu plus gros, car je n’arrive pas à rester suffisamment concentré pour déjouer les pièges des irrégularités du sol. J’atteins enfin le sommet, trop épuisé pour espérer quoi que ce soit. Après tout, je suis monté sur la colline moins par stratégie que par réflexe.

Je parcours du regard le paysage. Je ne vois rien ! Avec un tel traitement, je mourrai bientôt de soif ou de combustion spontanée. La panique monte. Je pousse un cri qui déchire le silence, lequel me répond par une indifférence méprisante.

Interview

Qu’est-ce qui vous pousse à écrire ? 

Mes romans, mes nouvelles ou mes chansons prennent vie dans ma tête. J’y pense et j’y repense, des dizaines de fois, et à un moment donné, il faut qu’ils sortent, qu’ils passent de l’abstrait au concret. Les voir naître, évoluer, emprunter des chemins imprévus devient alors une immense source de plaisir.

Pourquoi avoir écrit ce livre ? 

Ce roman est le tout premier que j’ai écrit, en 2012. Je l’ai nourri de réflexions intimes et de personnages fantasmés que j’ai mis en scène dans une sorte de conte fantastique, un genre que j’aime particulièrement. Cette version, alors débordante de défauts s’est améliorée au fil des réécritures et des retours de lecteurs occasionnels. Je le considère ainsi comme un roman d’apprentissage. Et puis cette année, après avoir travaillé à une énième version, j’ai estimé que je pouvais enfin le présenter à un plus large public.

Comment vous en est venue l’idée ? 

Je m’amusais à un jeu littéraire dont l’énoncé proposait de décrire un lieu absurde dans lequel le narrateur se retrouverait projeté malgré lui. Après plusieurs essais, j’ai décris ce que vivrait un homme se réveillant amnésique au milieu d’un désert. Quelques minutes plus tard, les bases du premier chapitre étaient là.

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