Le souci de vivre d’Olivier Carré
116 pages,
12 €
ebook : 6,99 €
Le livre
Que nous disent nos morts de notre manière de vivre ? Dans ce récit intime nourri de philosophie, Olivier Carré revient sur les disparitions qui ont marqué son existence : celles de proches, d’un ami, de sa mère, puis de son père.
Au fil de ses souvenirs, l’auteur explore le deuil, la culpabilité et les regrets, mais aussi l’amour, l’amitié et ces instants de grâce qui continuent d’éclairer la vie après la perte d’un être cher. Sans chercher à expliquer la mort, il tente de comprendre ce qu’elle révèle de notre rapport au temps et de notre façon d’aimer ceux qui nous entourent.
Le livre aborde également, avec pudeur et sans posture dogmatique, la demande d’euthanasie formulée par son père. Il interroge alors l’écoute de la souffrance, l’accompagnement de la fin de vie et la place laissée aux proches face à une décision irréversible.
Malgré la gravité de son sujet, Le souci de vivre est traversé de tendresse, d’humour et de lumière. Un texte profondément humain qui nous rappelle une urgence essentielle : mieux aimer et vivre pleinement avant qu’il ne soit trop tard.
Découvrez un livre qui parle de la mort pour nous donner davantage le goût de vivre.
On en parle
Le souci de vivre : parler de la mort pour donner du sens à l’absurde
Il y a des livres qu’on offre sans raison particulières, juste pour faire plaisir, petit format, une centaine de pages, un prix raisonnable, un livre qui pique notre curiosité ; vous connaissez toutes et tous ce genre de livre qu’on lit en une après-midi et qui laisse une empreinte importante par la suite. Le souci de vivre d’Olivier Carré fait partie de ces livres qui reste longtemps en mémoire tant il parle d’un sujet auquel nous tous aurons à faire face un jour ou l’autre : la mort.
À travers la mort de différentes personnes, Olivier Carré aborde cette délicate thématique avec une philosophie pratique et une énorme sensibilité. L’auteur nous ouvre ses blessures, ses souvenirs, son intimité pour nous confronter à nos interrogations, car la mort des autres nous rappelle combien cette vie est impermanente et que la mort annule les possibles.
Mais alors, comment l’aborder ? Se détacher de nos émotions revient à remiser une partie de nous-mêmes qui caractérise ce que nous sommes et favorise la créativité, l’altruisme, les relations humaines, etc.… Mais pouvons-nous réellement oublier notre identité émotionnelle ?
La mort d’un proche nous rend tristes et nous culpabilise de n’avoir pas passé plus de temps avec le défunt, ou avoir partagé plus de choses. Ce que nous apprend la mort des autres est de redonner toute sa place à la vie qui nous échappe par les contraintes du quotidien.
Si mourir est absurde, on ne peut pas vivre sans mourir, oui, mais sans mort, pas de vie. Rhétorique qui n’apaise ni la tristesse, dont le philosophe l’expose comme une vase qui se dépose à l’intérieur de nous et qui semble ne jamais vouloir se dissiper ni le soulagement dans la disparition de proches qui sont dans la souffrance et nous laisse voir dans la vie un encombrant souvenir.
Du décès par accident, à la mort naturelle ou l’euthanasie, Olivier Carré raconte ses morts pour nous parler des nôtres, il s’adresse à chacun d’entre nous, il écrit pour rende vivant, le temps d’une lecture, ceux et celles qui ne sont plus. Il nous engage à aller dans les cimetières pour leur rendre visite : le devoir des vivants est de penser aux absents pour qu’ils ne disparaissent pas trop vite.
Ne cherchez pas de réponses dans ce livre, Olivier Carré nous fait part de ses interrogations et livre un témoignage émouvant lorsqu’il évoque la disparition d’un ami ou celle plus personnelle de sa mère lors d’un accident suivi, dix ans après, celle de son père.
Explorer une absence c’est parler de toutes les autres, en invoquant ses disparus, l’auteur parle de nos douleurs, sans sombrer dans la facilité de la commisération affectée, bien au contraire, la philosophie allège la pesanteur du deuil et nous incite à aimer la vie, les vivants et les morts.
Montaigne écrivait : « Philosopher, c’est apprendre à mourir », Olivier Carré pourrait répliquer : Philosopher c’est donner du sens à la vie.
Par Christian Dorsan


le 7/10/26
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