Le loup du crépuscule

Le Loup du crépuscule de Dominique Konanz

200 pages
eBook : 8,99 €

4e de couverture

 Au coeur du massif vosgien, en cette fin du XIVe siècle, le Mal sévit au sein d’un hameau isolé. Le chevalier Lothaire est envoyé par le comte Fulbert pour enquêter sur les événements tragiques dont sont victimes les villageois. Mais il ne sait pas que, dans les ténèbres insondables de ces forêts, son propre passé l’attend, tapi dans l’ombre, tel un prédateur qui s’apprête à fondre sur sa proie. 

Les plus de ce roman

  • Des scènes d’action bien décrites 
  • Une intrigue qui tient en haleine
  • Une histoire d’amour 

Interview

Pourquoi avoir écrit ce livre ?

Par le passé, certains films m’avaient inspiré ces spectres sans visage, chevauchant au cœur de la forêt, en pleine nuit. De plus, les forêts de nos régions m’ont toujours inspiré. A mes yeux, la forêt est un lieu fascinant et reposant, respirant la sérénité et la proximité avec la nature originelle. Et, avec un tant soit peu d’imagination, il y est facile de deviner quelque créature fantastique s’y cachant au milieu des fougères ou derrière le tronc majestueux d’un chêne centenaire. 

Les grandes lignes de la trame de cette histoire m’étaient ensuite venues à l’esprit il y a longtemps ; j’en avais même fait à l’époque un scénario de jeu de rôle dans un monde médiéval fantastique.

Un jour, en (re)visitant la région de Sainte Marie aux Mines, à l’est du massif vosgien, je m’étais dit que cet intrigue pourrait y trouver toute sa place. J’ai donc fait des recherches historiques sur cette région et visité le village, ou devrais-je dire le hameau, de La Hingrie, où se déroulent les principales scènes du récit. Cet endroit reculé, pittoresque et isolé, mais ô combien attirant, se prêtait à merveille à l’intrigue, y compris sa situation géographique : encore en Alsace mais tout proche de la Lorraine. Je garde également un excellent souvenir de ma visite de Ribeauvillé, en plein marché de Noël (à l’époque ce genre d’évènements était courant en fin d’année !), essayant de repérer les rues et lieux médiévaux de la vieille ville, au milieu de la foule et sous la pluie !

Dans les médias

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Très bel article dans Le Républicain Lorrain

Premières pages

An 1384, à l’est de la forêt vosgienne.
La vie nocturne avait pris possession de l’immense forêt. Craquements, bruits furtifs, hululements et bruissements de feuillage égayaient les cimes des arbres et les sous-bois. L’humidité et la fraîcheur automnales semblaient recouvrir les feuilles et épines d’une fine couche de vernis, luisant sous l’éclat du croissant de lune suspendu au cœur de la voûte céleste.
Soudain, la forêt se fit silencieuse. Le règne animal, dans son ensemble, sembla retenir son souffle, comme aux aguets.
Un martèlement sourd, provenant de multiples sabots, brisa cet inquiétant silence. Une cohorte de plusieurs cavaliers galopait sur l’étroite piste forestière, à peine visible sous la faible clarté lunaire. Le groupe se dirigeait vers un hameau bâti au cœur de cette vaste étendue boisée.
*
Raoul avait veillé une bonne partie de la nuit, mais le sommeil avait fini par l’emporter. Plus avachi que couché sur la paillasse lui servant de lit, il s’était endormi en ronflant bruyamment. Des cris provenant de l’extérieur de sa hutte l’arrachèrent brutalement des bras de Morphée. Il reprit ses esprits, se leva prestement et saisit sa hache de bûcheron posée près de l’entrée. D’un geste, il fit signe à son épouse et ses deux enfants, blottis dans un recoin de l’unique pièce, de garder le silence et de rester à l’intérieur. La peur se lisait dans leurs yeux.
Tenant fermement sa hache au long manche des deux mains, il se rua dehors pour se retrouver au milieu d’une scène apocalyptique.
Un brasier énorme, aux flammes plus hautes que la cime des arbres environnants, ravageait la grange située en bordure du village. Les flammes dévoreuses crépitaient de toutes parts, la charpente s’écroulant à différents endroits dans de sinistres craquements. Un cheval de trait qui n’avait pu s’extirper de ce piège mortel hennissait de panique, alors que plusieurs hommes du village tentaient, avec seulement quelques seaux remplis d’eau du ruisseau, de circonscrire l’incendie.
Raoul aperçut le cheval prisonnier de la grange en feu. Il se cabrait entre les parois léchées par les flammes de sa stalle. Située à l’extrémité du vaste bâtiment en bois, sa structure commençait à se consumer, dégageant d’épaisses volutes de fumée, mais n’était pas encore envahie complètement par le brasier. Le bûcheron fonça au pas de course vers la grange. Il s’arrêta à hauteur d’un autre homme transportant un seau chargé d’eau puis ôta son gilet en laine qu’il trempa sans ménagement dans le récipient. Sous le regard étonné de son porteur, il s’enroula autour du bas du visage le linge humide puis reprit sa course vers l’incendie.
La fumée lui irritait les yeux et la chaleur devenait intenable au moment où Raoul atteignit la stalle. D’un geste ample, il souleva sa hache pour la faire retomber avec force sur le loquet déjà fumant de la porte. Le verrou se cassa net et, toujours avec le fer de la hache, le forestier tira la porte de la stalle puis, recula pour laisser le passage libre. À travers le gilet en laine, déjà presque sec, il hurla en faisant de grands gestes pour attirer l’attention de l’animal. Malgré la peur, le cheval aperçut l’homme et comprit. Il se rua à travers la porte ouverte et s’enfuit au galop pour s’éloigner au plus vite du piège de feu.
En toussant, Raoul courut à sa suite pour retrouver lui aussi la fraîcheur rassurante de la forêt environnante. Une fois à l’écart des fumées toxiques et de la chaleur insoutenable de l’incendie, il arracha de son visage son gilet pour respirer à pleins poumons l’air humide et apaisant. Essoufflé, les mains sur les genoux, il releva la tête pour observer la scène. 
C’est à ce moment-là qu’il les aperçut.

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