Carnets nomades

Recto_Carnets

Carnets nomades de Guy Féquant

Tarif très intéressant jusqu’au 28 avril, date de parution en librairie

4e de couverture

 « L’homme des clairières et des solstices », c’est ainsi que Renaud Lamkin, dans sa préface, définit Guy Féquant. Voici donc une suite au Passant du soir. 
Elle rassemble les réflexions journalières et les notes de voyage des années 2014 à 2019, avec quelques réminiscences plus anciennes, à la faveur de papiers retrouvés. Les lieux familiers de l’auteur sont toujours là, mais des horizons neufs apparaissent : l’Italie, la République tchèque, les montagnes du Béarn. 
Et dans chacun de ces « ailleurs savoureux », tout lecteur est invité à boire aux sources de l’émerveillement. 

Les plus de ce livre

  • Une approche des lieux visités, délibérément intimiste et littéraire, différente de celle des guides de voyage.
  • Au premier plan : la joie subtile de la découverte. 
  • En plus des monuments, un partage quant au bonheur qu’offre la nature. 

Interview

POURQUOI AVOIR VOULU ÉCRIRE CE LIVRE ?

La réponse, c’est Nabokov qui la donne : on n’écrit que pour soi. On a une perception du monde particulière, faite à la fois de songe et d’ouverture à ce que j’appelle l’Énigme, en mettant une majuscule. L’Énigme suscite un arrêt, une sidération. L’instant, soudain, resplendit. Et on veut fixer cela par des mots. Ainsi naît l’écriture. Pour comprendre CARNETS NOMADES, il suffit de reprendre  l’exergue que j’ai choisi, qui est de Vita Sackville-West :  » Il est nécessaire d’écrire si on ne veut pas que les jours s’écoulent en vain. Comment, sinon, capturer le papillon de l’instant ? » Le reste, c’est-à-dire l’histoire et la géographie des lieux traversés, est secondaire, même si beaucoup de lecteurs mettent ce reste au premier plan. Mais il faut laisser chacun percevoir le texte à sa manière. Moi, en tant que modeste auteur, j’appartiens à la petite tribu des chasseurs de papillons. Comme Nabokov, d’ailleurs…

COMMENT VOUS EN EST VENUE L’IDÉE ?

Je suis resté dans la dynamique de mon livre précédent, LE PASSANT DU SOIR. Il y a vingt ans qu’en tant que voyageur, j’ai troqué l’appareil photo contre le carnet Moleskine. Je continue. C’est une manière discrète de me distinguer des meutes chez qui la photo est devenue un réflexe pavlovien. Je ne me considère pas comme écrivain, terme bien trop grandiose, mais comme artisan d’écriture. On trouve donc dans CARNETS NOMADES mes notes de ces cinq dernières années : forêts ardennaises, Laonnois, Auvergne, République tchèque, etc. Et pour donner un peu de corps au volume, j’ai ajouté quelques feuilles jaunies beaucoup plus anciennes : Réunion, Italie, etc. Je passe même au château de Combourg ! Le plus beau destin de ce livre serait d’être glissé dans la poche latérale du sac à dos d’un randonneur. Né sur les chemins, il est fait pour y retourner.

Premières pages

Préface

L’homme des clairières et des solstices 

Commençons par un aveu. Alors même que je sais d’avance tout le profit que je pourrai en retirer, je ne me décide jamais à voyager qu’à contrecœur ; surtout lorsqu’il s’agit de m’éloigner du petit continent dans lequel je suis né. Sans doute me suffit-il, lisant la relation qu’ils livrent de leurs périples, de compter sur ceux qui le font pour moi. Parmi ces auteurs figure, depuis longtemps déjà, l’écrivain et poète Guy Féquant, dont les livres m’ont souvent été l’occasion de partir, sans avoir à quitter mon domicile, et surtout sans la multitude de contraintes et même de contrariétés qu’impose tout voyage, le plus modeste soit-il. Ainsi, à présent, ces « Carnets nomades », constitués de pages arrachées à son journal de voyageur et de marcheur, des années 2014 à 2019, mêlées elles-mêmes à des notes plus anciennes comme remontées à la surface du temps. 

Et pour ce qui est de voyager, il est vrai que le lecteur ne pourra pas manquer de le faire, et comme il pouvait s’y attendre en considérant le titre de cet ouvrage, en suivant de nouveau Guy Féquant dans les différentes contrées qu’il arpente depuis de nombreuses années, certaines septentrionales, d’autres tout à fait australes, des rives de Vltava aux escarpements de l’île Bourbon, des lumineux sentiers de l’Ombrie aux plateaux de l’Aubrac, pour le retrouver parfois, sur ses terres natales, dans quelque profonde hêtraie de l’Ardenne. Mais il ne suffit pas de se féliciter qu’un écrivain voyage ; encore faut-il se demander pourquoi. Que va-t-il donc chercher dans l’océan Indien qui ne se trouve déjà ici ? Que ne reste-t-il dans son « bureau-pigeonnier », comme l’y aurait incité Pascal ? Homme du nord par ses origines, homme du sud par ses aspirations, du couchant par ses attachements, du levant par ses goûts esthétiques, Guy Féquant ne pouvait être l’écrivain d’un seul lieu. En lui se rencontre toute la géographie des opposés. On a beaucoup glosé sur ce qui pourrait pousser les écrivains – ne parlons pas des autres, de tous ceux qui aujourd’hui n’en finissent pas de traverser le monde sans jamais voyager, sans que rien jamais ne soit vu – et il serait très fastidieux d’en dresser la liste exhaustive, de Strabon à Nicolas Bouvier, à… partir. N’en déplaise cependant à beaucoup, ce verbe n’accepte que le régime de l’intransitivité, comme « voyager » d’ailleurs. C’est dire si le vrai voyage est toujours sans objet : Féquant ne part pas pour découvrir quoi ce soit, encore moins pour « visiter ». Toutes choses nous échappant dans le geste même que nous faisons pour les saisir, il ne peut pas ignorer que nous ne possédons que ce qui nous est donné après coup, et sans qu’on y ait part. C’est une fois ailleurs, et peut-être même rentré chez lui, qu’il peut se réjouir de se déprendre, de se désentraver, de se désassujettir, des habitudes, des croyances, de toutes les idées qui nous rivent ici ou là ; de se libérer, de quelque appartenance que ce soit. Et de voir, enfin, comme une récompense inespérée, se détacher cette fine pellicule qui nous sépare toujours de nous-mêmes et du monde. Tout voyage n’est qu’un détour : nous nous éloignons pour mieux nous approcher, car c’est dans le lointain que se blottit le proche. (Avec peut-être chez lui, malgré tout, l’intention jamais tout à fait avouée – et nonobstant cette constante et incontestable empathie, mêlée certes de distance, qu’il manifeste à l’égard des autres – de s’éloigner un peu de l’incessante agitation des hommes. Pour Guy Féquant, et quelques philosophes, l’humain encombre, l’humain est toujours de trop, sauf si grâce à l’art il est capable de nous ramener à ce qui n’est pas lui. Et encore ! il arrive à l’auteur de préférer le bruit du vent à celui de tout langage.)

Tous les écrivains ne sont pas voyageurs, et tous les voyageurs ne sont pas des marcheurs. Guy Féquant est, quant à lui, un voyageur et un marcheur. Et s’ils sont deux modes du déplacement, il convient de bien distinguer la marche du voyage : celui-ci n’est pas une longue marche, celle-là n’est pas un petit voyage. Marcher, c’est accéder à la Verticalité dans l’horizontalité ; c’est entrer dans la permanence par le flux, celui des images intérieures et des formes ennuagées ; c’est dépasser, devant un horizon qui change sans jamais changer, la distinction du même et de l’autre. Où trouver ailleurs que dans la marche l’union de l’âme et du corps, celle de l’homme et du cosmos ? Tous les ouvrages de Guy Féquant nous confrontent à ce paradoxe : marcher, dans quelque direction qu’on aille, nous rapproche toujours du Centre. Un peu plus, il est vrai, si l’on sait procéder à ce qui pourrait être appelé « l’élection des lieux » ; et notre auteur s’y entend comme personne : forêts ombreuses, vieux vergers, cités épiscopales aux heures lentes, cloîtres, silencieuses abbatiales, tout endroit à même de nous communiquer le sentiment du beau, de l’immémorial, de l’infini…

On en parle dans les médias

Très bel article de Yanny Hureaux dans le journal L’ardennais sur les Carnets nomades de Guy Féquant qui paraîtront fin avril.

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